Validation des Procédures Opérationnelles Standards (POS) : le MCFDF engage une réponse coordonnée, centrée sur les survivantes de VBG en Haïti

Ce mercredi 9 juillet 2025, le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), a organisé un atelier de validation des Procédures Opérationnelles Standards (POS) sur la violence basée sur le genre (VBG) en Haïti. Cette activité, qui s’est tenue au Karibe Convention Center à Pétion-Ville, a mobilisé un large éventail d’acteurs institutionnels, internationaux et communautaires engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
Parmi les personnalités qui ont rejoint la Ministre Pedrica SAINT JEAN et la Directrice Générale du MCFDF, Madame Sandy FRANÇOIS, à cette activité figuraient la Coordonnatrice résidente et humanitaire du Système des Nations Unies en Haïti, Madame Ulrika RICHARDSON, le Représentant résident de l’UNFPA en Haïti, Monsieur Samir ANOUTI, la Représentante d’ONU Femmes, Madame Marie Goretti NDWAYO, le Représentant de l’ONUSIDA, Dr Christian MOUALA, ainsi que des hauts cadres du MCFDF, des membres du cabinet de la Ministre, des représentant-e-s de la Police Nationale d’Haïti, d’organisations féminines/féministes et de défense des droits humains.
Dans son allocution, Madame Ulrika RICHARDSON a souligné l’importance de cette journée pour la mise en œuvre de réponses concrètes, coordonnées et durables. Elle a mis l’accent sur le droit des femmes à la santé, notamment la santé mentale, à une assistance économique pour reconstruire leur vie, et à une aide juridique pour accéder à la justice. Elle a rappelé le caractère préoccupant de l’augmentation des cas de VBG signalés au cours des dernières années et a insisté sur la nécessité d’une réponse rapide et intégrée. Selon elle, cette initiative traduit une volonté collective de mieux faire, de clarifier les responsabilités et d’harmoniser les pratiques, dans le respect des droits humains et des normes internationales.
Pour sa part, la Ministre Pedrica SAINT JEAN s’estime heureuse de prendre la parole pour marquer l’ouverture officielle de l’atelier de validation des Procédures Opérationnelles Standards pour la prise en charge des cas Violences Basées sur le Genre (VBG) en Haïti. Cet atelier de deux jours, a-t-elle souligné, s’inscrit dans un processus stratégique, institutionnel et collectif visant à renforcer la réponse multisectorielle à un phénomène structurel, profondément enraciné dans la société haïtienne : la violence à l’égard des femmes et des filles.
Identifiant des défis complexes dans ses actions de prévention et de réponse aux VBG, Ministre SAINT JEAN a expliqué qu’il s’avère important pour le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) d’attaquer ce problème dans toute sa dimension, c’est-à-dire, d’agir non seulement sur la condition des femmes mais aussi sur leur situation socio-économique.
Selon la Titulaire du MCFDF, les réponses sectorielles, isolées ou ponctuelles, ne suffisent plus. À cet effet, il faut des actions ciblées et concertées pour changer la donne. « Pour transformer durablement cette réalité, faudrait-il adopter une approche globale, multisectorielle et coordonnée, qui mobilise simultanément tous les acteurs : États, organisations de la société civile, institutions internationales et communautés locales », a-t-elle préconisé en soulignant qu’une telle stratégie doit intégrer la prévention, la protection, la justice, et la transformation des normes culturelles, tout en assurant un accompagnement soutenu et accessible aux survivantes et de s’attaquer du même coup à la féminisation de la pauvreté.
Pour finir, la Ministre a fait savoir que cet atelier de validation n’est pas isolé, qu’il prend tout son sens dans le cadre de la Politique d’Égalité Femme-Homme 2014-2034, adoptée par l’État Haïtien. Cette politique nationale, a-t-elle poursuivi, constitue le cadre de référence pour l’action publique en faveur de l’égalité de genre, en ce sens qu’elle reconnait que les violences basées sur le genre sont à la fois une cause et une conséquence de l’inégalité entre les sexes.
Par ailleurs, la journée s’est poursuivie par des travaux de groupe de réflexion autour de six axes stratégiques : la prise en charge médicale, l’appui psychosocial, la gestion de cas, la gestion des kits de dignité et des espaces sûrs, la sécurité et la justice, ainsi que la prévention des abus et de l’exploitation sexuelle, la préparation aux urgences, la mitigation des risques et les mécanismes de coordination.
Cet atelier témoigne de l’engagement ferme du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes en faveur d’une réponse institutionnelle renforcée, structurée et inclusive à la violence basée sur le genre en Haïti. À travers cette initiative, le ministère affirme son rôle de chef de file dans la coordination nationale des actions de lutte contre les VBG, en créant les conditions d’une collaboration efficace entre les institutions publiques, les agences des Nations Unies et les organisations de la société civile. Ce processus marque une avancée significative dans la construction d’un cadre de réponse respectueux des droits des survivantes et conforme aux engagements nationaux et internationaux pris par Haïti.
À noter que, Cette première journée de travail marque le lancement d’un atelier prévu sur deux jours. Les travaux reprendront demain avec la poursuite des échanges en groupes et une restitution collective des propositions. Cette seconde phase permettra de finaliser le processus de validation des Procédures Opérationnelles Standards et d’adopter le plan stratégique national en matière de lutte contre les violences basées sur le genre.
Unité de Communication du MCFDF