Quand l’Égypte tend la main à Haïti : un souffle d’humanité au cœur de la tempête

Ce samedi 21 juin, alors que notre pays s’enfonce dans l’une des plus graves crises de son histoire, marquée par l’effondrement des institutions, la violence armée, et la mise en péril de notre patrimoine culturel, Haïti a reçu une visite qui dépasse les protocoles diplomatiques ordinaires. L’ancien ministre de la Culture d’Égypte, le docteur Kaled El Enany éminente figure du monde arabe, s’est rendu sur notre sol. Il n’est pas venu solliciter des voix, ni proposer un marché. Il est venu, simplement, profondément, humainement — « nous apporter son soutien ».
Son message, imprégné d’un humanisme rare en ces temps de replis identitaires et de silences internationaux face à notre souffrance, nous a touchés « au plus profond de notre être ». Il ne s’est pas contenté de discours convenus : il a vu, il a écouté, il a compris. Il a reconnu en nous, au-delà du chaos, « une nation porteuse de mémoire, de culture, de résistance ».

Cette main tendue, venue d’une autre terre de civilisations millénaires, nous rappelle que le patrimoine, au-delà de la pierre, du verbe et du chant, est un « acte de foi en l’humanité ». Comme l’Égypte, Haïti porte un legs immense — des cités de pierre, des langues de feu, des musiques d’ancêtres — mais aussi un combat permanent pour « la survie de l’esprit face à la violence du monde ».
Aujourd’hui, alors que le patrimoine haïtien est menacé — sites historiques pillés, musées désertés, pratiques culturelles diabolisées ou instrumentalisées — ce geste venu d’ailleurs nous redonne souffle et espoir. Il nous rappelle que «la culture est résistance, que la mémoire est un territoire qu’aucun gang ne peut annexer ».
Dans le silence parfois assourdissant des chancelleries, dans l’abandon dont nous faisons souvent les frais, cette visite d’un homme de culture, d’un frère venu d’Égypte, est un « acte politique au sens noble du terme » : celui qui reconnecte les peuples par le respect, la mémoire et la dignité.

À l’heure où l’on détruit, qu’il est bon de voir un homme venu pour « bâtir, transmettre, affirmer notre valeur ». Ce geste ne doit pas rester isolé. Il doit servir d’exemple à ceux qui, dans le monde, croient encore que « le patrimoine d’un peuple est le socle de son relèvement ».
Merci, monsieur le ministre, pour ce souffle venu du Nil jusqu’à nos mornes. À travers vous, « l’Égypte ancienne et l’Haïti éternelle ont dialogué », et cela, ni le temps ni la crise ne pourront l’effacer.

















